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Confinement et dépaysement ne font pas bon ménage. Pourtant voyager depuis sa chambre n’a jamais été aussi simple. La chronique « Regards lointains » présente pour chaque article un pays parmi les moins connus des français et invite à plonger dans son quotidien à travers les titres de l’actualité locale.

 

#1 Azerbaïdjan, la Terre de Feu

 

Carte d’identité de l’Azerbaïdjan :

Credits : https://www.mifuguemiraison.com/

 

Nom : Azərbaycan (Azerbaïdjan en Français)

Population : environ 10 millions d’habitants

Capitale : Bakou

Langue : Azéri

 

 

 

En persan moderne, Azerbaïdjan se traduit par “la Terre de Feu”. Si le qualificatif est aujourd’hui surtout repris à des fins touristiques, il n’en reste pas moins représentatif du pays. En effet, en Azerbaïdjan, la terre s’enflamme depuis des millénaires et même la modernité n’oublie pas de rendre hommage à l’élément naturel national.

 

Yanar Dag

 

A Yanar Dag, la montagne de feu, les flammes ne s’éteignent jamais. Pouvant atteindre jusqu’à 10 mètres, elles résistent au vent, à la pluie et à la neige. La population locale considère la montagne comme sacrée. En réalité, ce phénomène est permis par le sol riche en hydrocarbures de l’Azerbaïdjan : du gaz naturel contenu dans la roche s’échappe et s’enflamme en atteignant la surface. Yanar Dag n’est pas la seule ni la première “montagne de feu”, ce phénomène est observé en Azerbaïdjan depuis l’Antiquité.

 

Le feu est un élément central de la culture azerbaïdjanaise. A Bakou, les Flame Towers achevées en 2013 en sont un bon exemple. Ce trio de gratte-ciels, devenu un des symboles de la capitale, a pour spécificité d’afficher à son illumination le mouvement d’une flamme, visible aux quatres coins de la ville.

 

Plus généralement, l’Azerbaïdjan abrite une culture riche, résultat d’un mélange d’influences européenne, persane, turque et musulmane. Trois sites azerbaïdjanais font partie du patrimoine de l’UNESCO : la cité fortifiée de Bakou, le centre historique de Sheki et l’art rupestre de Gobustan.

 

Le patrimoine culturel contribue à l’attraction touristique du pays mais la grande richesse de l’Azerbaïdjan est le pétrole. Le pays fait partie de l’OPEP+ et l’or noir lui permet de jouir d’une bonne situation économique : 2,7% de croissance et seulement 5,4% de chômage en 2019.

 

Oil Rocks, situé au large de Bakou et construit en 1949, c’est le premier puit de pétrole off shore du monde.

 

Côté politique, l’Azerbaïdjan est une république présidentielle. Le président Ilham Aliyev est en fonction depuis 2003, année où il a succédé à son père Heydar Aliyev, président de 1993 à 2003.

 

Président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliyev

 

Malgré la nature démocratique de la constitution, le régime est accusé de dérives autoritaires.

Les opposants politiques et les observateurs internationaux dénoncent régulièrement des irrégularités électorales. L’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe a ainsi qualifié l’élection présidentielle de 2018 de “non démocratique”.

Le Parti du Nouvel Azerbaïdjan, le parti présidentiel, exerce une forte répression sur ses opposants et sur les médias indépendants (menaces, emprisonnements, agressions physiques…). Reporters Sans Frontières positionne le pays à la 166ème position sur les 180 observés au Classement mondial de la liberté de la presse 2019.

 

Au niveau international, l’Azerbaïdjan entretient des relations économiques et diplomatiques avec plus de 160 pays dans le monde. Sa relation avec la Turquie est particulièrement forte : les deux pays se décrivent comme “une seule nation, deux états”.

Ancienne république soviétique, l’Azerbaïdjan possède aussi une forte histoire commune avec la Russie, qui se traduit aujourd’hui en relations amicales, malgré l’impopularité russe auprès des Azerbaïdjanais depuis la Guerre de Géorgie en 2008.

En revanche, l’Azerbaïdjan n’a aucune relation diplomatique avec un de ses voisins frontaliers : l’Arménie. Les deux pays partagent une longue histoire de rapports conflictuels qui se prolonge jusqu’à aujourd’hui où les heurts aux frontières entre les deux armées sont courants.

Enfin, l’Azerbaïdjan fait partie du partenariat occidental, qui est une politique de voisinage de l’Union Européenne. Cependant, le pays est surtout connu en Europe pour être l’inventeur de la “diplomatie du caviar”. Cette expression désigne la stratégie de lobbying utilisée par l’Azerbaïdjan auprès des instances et des gouvernements européens. Elle consiste à “acheter” les diplomates et politiques étrangers en leur offrant des cadeaux luxueux ou en les invitant aux frais du pays. Cette stratégie de promotion de l’Azerbaïdjan a pour objectif de prévenir les critiques sur les dérives autoritaires du régime.

 

 

Actualité Azerbaïdjanaise

 

  • Coronavirus :

L’Azerbaïdjan n’échappe pas à la pandémie du Covid-19. Le confinement a été déclaré le 24 mars 2020 et les chiffres officiels sont au 3 avril de 443 cas confirmés dont 32 guéris et 5 morts.

Jusqu’à présent, les citoyens étaient confinés mais ils pouvaient sortir pour faire leurs courses et quelques autres activités essentielles. Contrairement à la France, en cas de contrôle policier, la seule parole du citoyen justifiait le motif de sa sortie (aucune attestation nécessaire).

Le gouvernement a annoncé le 2 avril 2020 la mise en place d’un nouveau système plus restrictif qui entrera en vigueur à partir du 5 avril. Après cette date, un citoyen devra, avant sa sortie, appeler un numéro spécial ou envoyer un message avec le motif de son déplacement. Ces informations seront transmises à la police et lors des contrôles, les policiers vérifieront si la personne a été autorisée à sortir ou non.

 

  • Politique :

En 2017, le journaliste azerbaïdjanais Afgan Mukhtarli est enlevé en Géorgie alors qu’il s’y était exilé dans un contexte de menaces reçues suite à une de ses enquêtes sur la corruption gouvernementale en Azerbaïdjan. Ramené par ses ravisseurs en Azerbaïdjan, il y est condamné à 6 ans de prison.

Le 17 mars 2020, Mukhtarli est libéré après presque 3 ans d’emprisonnement. Son cas est un exemple parmi d’autres de la répression que subissent les journalistes et les médias en Azerbaïdjan.

 

  •  Economie : 

L’Azerbaïdjan participera le 6 avril 2020 à la réunion entre les pays OPEP et autres pays exportateurs de pétrole. Le but de cette réunion, initiée par l’Arabie Saoudite, est de “parvenir à un accord équitable qui rétablira l’équilibre des marchés financiers”, en particulier du marché pétrolier.

Depuis le début de l’année, le cours du pétrole a baissé d’environ 45%. Ce déclin est dû à la chute de la demande, provoquée par le pandémie de Covid-19.

En mars, lors d’une précedente réunion, la Russie a refusé de réduire sa production de pétrole alors que c’était la solution proposée par l’Arabie Saoudite pour restabiliser le cours du baril. L’enjeu de la réunion du 6 avril sera de savoir si la position russe va changer.

 

  • Sport / Culture :

Le 23 mars 2020, les organisateurs annoncent le report du Grand Prix d’Azerbaïdjan qui aurait dû se dérouler à Bakou le 7 juin. Cette course fait partie du championnat du Monde de F1 et aurait dû débuter la saison 2020. En effet, les courses précédentes avaient été annulées ou reportées en raison du Covid-19. Le Grand Prix d’Azerbaïdjan vient ainsi s’ajouter à la liste. Les fans de F1 devront attendre le Grand Prix du Canada prévu le 14 juin qui, pour le moment, est maintenu.

(En bonus, malgré l’annulation de l’Eurovision, la chanson de l’Azerbaïdjan : https://www.youtube.com/watch?v=I0VzBCvO1Wk.)

 

 

 

 

Prochain Pays : Le Bhoutan, la Terre du Dragon Tonnerre.

 

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